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«Mon village» a besoin d’une municipalité

par Josée Côté
Conseillère municipale à Saint-Laurent,
de 2009 à 2013

Mon intervention porte sur la représentativité des citoyens, la structure de gouvernance à l’île ainsi que sur les impacts financiers d’une éventuelle fusion.

La représentativité dépasse la question du nombre d’élus ou de leur accessibilité. Pour que ces élus puissent avoir un pouvoir réel sur les dossiers, la structure de gouvernance en place doit leur permettre d’accéder au débat et d’influencer les décisions.

Structure de gouvernance

Actuellement, les élus sont peu consultés sur les décisions prises par le conseil des maires. De plus, le pouvoir des élus se limite plutôt à ce qui se déroule dans « mon village ».

Pire, la difficile mise en commun de nos ressources impose une limite importante à l’offre de service aux citoyens. Pour régler partiellement le problème, vient l’argument de multiplier les regroupements intermunicipaux qui se superposent à la structure actuelle (police, PGMR, PLUMobile, loisirs, bibliothèques, sécurité, incendie, entrée de l’île, etc.). Cela devient très lourd et des dossiers s’égarent, tels ceux portant sur les enjeux environnementaux (eau potable, paysages, empreinte écologique, etc.), le partage des infrastructures, les enjeux sociaux (le vieillissement de notre population, les services aux familles) et économiques (un dossier qui n’est discuté qu’au CLD).

S’y ajoute aussi le problème de l’accessibilité de l’information cloisonnée dans les villages. Une gouvernance plus efficiente est souhaitable.

Le recours aux «regroupements intermunicipaux» :   une difficulté

  • Pour arriver à des résultats concrets pour les enjeux qui concernent le territoire, l’élu, dans la structure actuelle, doit déployer des efforts considérables pour mobiliser les élus des autres municipalités.
  • Ces élus sont surchargés et rencontrent des difficultés importantes tant au plan décisionnel qu’au plan des ressources structurelles, financières et humaines.
  • Il ne suffit pas de rallier des élus de diverses municipalités autour d’une question (ex. : loisirs, incendie), il faut créer une régie intermunicipale avec un budget auquel chaque municipalité contribuera.
  • C’est à ce moment que la situation se complique. Les discussions sont ardues et nombreuses sur la répartition de la facture et la contribution de « mon village » en termes de services.
  • De plus, en l’absence de ressources, qui doit faire le travail normalement confié à du personnel ? L’élu ou le citoyen bénévole. Résultat : nombre de dossiers n’ont pas l’attention qu’ils méritent. Le bénévole qui doit tout faire n’est pas encouragé à s’investir. L’implication des bénévoles est tout à fait compatible avec une structure de gouvernance plus efficiente.

 

Impacts financiers de la fusion

Explosion des coûts ? Il faut dépasser les idées préconçues, négocier avec les instances pour maintenir les coûts, éliminer les dédoublements de tâches ou d’infrastructure et agir avec parcimonie pour les salaires ou l’embauche du personnel si nécessaire.

  • Pourquoi devrions-nous payer davantage pour un même service de police juste parce que nous devenons une municipalité ?
  • Et la masse salariale des élus ? Dans le pire des scénarios, en passant de 42 à 7 élus, elle pourrait demeurer inchangée, mais ces élus toucheraient dès lors une rémunération plus décente.
  • Pourquoi donc devrions-nous nous rattacher à une autre MRC ? Les deux instances possèdent des champs de compétence distincts qui serviraient bien notre spécificité orléanaise.
  • Pourquoi aurions-nous à municipaliser l’entretien de la route alors qu’au terme de négociations d’autres municipalités fusionnées n’ont pas eu à assumer cette responsabilité ?

 

Bref…

Les élus, qu’ils soient 42 ou 7, ont besoin d’une meilleure structure de fonctionnement et de répartition des ressources pour les appuyer dans leur tâche, permettre une amélioration de l’offre de services aux citoyens et agir sur les dossiers dont l’intérêt dépasse celui de « mon village ».

En fait, « mon village », il a besoin d’une municipalité dotée d’une structure de gouvernance unifiée afin de donner des capacités à notre territoire.

 

(Texte initialement paru dans le journal AUTOUR DE L’ÎLE, octobre 2013)